En quelques mots

Le blog est destiné à la prise de parole des AUE et des professionnels du cadre de vie qui veulent faire connaître leurs actions professionnelles. Il se compose d'une série d'articles de tout rédacteur qui le souhaite, membres ou non de l'association des AUE, gérés par l'un ou l'autre des ministères de tutelle équipement ou culture ou en détachement. C'est un lieu de croisement d'expériences et de débat. Les articles sont classés par rubriques : les acteurs et les actions, les territoires, les offres d'emploi, les débats, les travaux ... Tout lecteur du blog peut réagir par un commentaire qui est lisible par l'ensemble des visiteurs du blog. Pour faire paraître un article il faut l'envoyer  par mail à l'un des rédacteurs du blog

Les brèves

L'Assemblée générale de l'A AUE se tiendra le vendredi 22 juin à Lyon

Réservez cette journée ! ! !

Le matin on sera dans un salon de l'Hôtel de ville pour débattre de ce qui a été fait et de ce qui serait prioritaire à faire et pour renouveler le comité. Le déjeuner sera sur place. L'AM, on montera sur des vélos pour visiter les quais Lyonnais et pour se retrouver sur le site de Lyon-Confluence. Le directeur de la SEM, Jean-Pierre Gallet, nous présentera le projet de cette très grande opération de Lyon Conluence. Pour ce qui peuvent rester, dîner ensemble dans un resto lyonnais sera une conclusion agréable de cette journée.

Présentation

Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 12:38

 

Le débat  à propos des  "propositions pour le Ministre d'Etat de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables" a été restitué sur ce blog. Voici la version 2  du 22 mai. Ce document n'a pas encore été transmis.

Claude Spohr

Architectes et Urbanistes de l'Etat :

des compétences au service du développement et de l'aménagement durables

des territoires


Propositions pour le Ministre d'Etat de l'Ecologie,

du Développement et de l'Aménagement Durables



Les AUE sont fortement impliqués dans les DDE et les DRE, dans les services déconcentrés de l'Etat plus généralement. L'activité de ces services est de plus en plus dédiée au développement et à l'aménagement durables des territoires. Cette orientation de fond constitue leur avenir. Elle est d’ores et déjà décrite dans l'instruction cadre relative aux DDE en date du 28 mars 2007. Elle inclut tant le développement économique, la question du logement et de la cohésion sociale, les transports, les risques et la sécurité, la construction, certaines formes de lutte contre le réchauffement climatique.

La mise en place du ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables permettra aux services déconcentrés de l'Etat de construire des visions d'avenir nécessaires pour une refondation de leurs activités et pour leur modernisation.

Entre global et initiatives locales, les services, dans ce champ du développement durable des territoires, sont attendus pour contribuer à un considérable effort de régulation qui nécessite proximité du terrain et apports opérationnels d'une part, vision distanciée à long terme, internationale et européenne de l'autre. Cette orientation implique de développer, pour l'encadrement des services, à la fois des capacités de généraliste des territoires, de spécialiste de domaines incluant l'émergence de nombreux sujets nouveaux, de conduite de projets complexes, d'expertise.

La réussite, dans cette perspective, des mutations au sein des services n'est pas certaine. Les services de ce ministère devront significativement renforcer leurs compétences. Celles-ci sont inégalement distribuées sur le territoire. La reconversion de nombreux agents, notamment dans les DDE, est une entreprise de plusieurs années au prix d'un pilotage soutenu et cohérent de la conduite du changement. L'ensemble de cette entreprise ne peut être envisagé qu'en réseau entre les niveaux locaux, régionaux, centraux et les réseaux scientifique et technique et de formation et de façon très ouverte sur le monde extérieur. Il sera difficile de décliner une ligne d'action fondée sur l'aménagement durable sans apporter de soutien aux services par une politique de ressources humaines attractive pour de bons professionnels.

Le corps des AUE est divisé en deux parties; une grande moitié est employée par le ministère de la culture et de la communication; environ 180 dont la moitié en services déconcentrés et dans les CETE, dépendent du ministère. L’activité interministérielle des AUE couvre un spectre large de politiques publiques territoriales allant de l’aménagement du territoire à l’urbanisme, des déplacements à l'économie des territoires, du logement aux constructions publiques, des questions d'environnement et de risques au patrimoine et à l'architecture... Une approche transversale de l'ensemble permettrait de fonder une véritable démarche nationale pour le développement et l’aménagement des territoires.

Les AUE rattachés au ministère bien que peu nombreux constituent une ressource précieuse pour le nouveau ministère. Avec des compétences et des sensibilités bien en phase avec les ambitions d'aménagement durable, avec le plus souvent des expériences dans le secteur privé, des approches diversifiées et des capacités à travailler collectivement, ils constituent une force d'innovation pour les services déconcentrés. Cette capacité à contribuer à la conduite du changement par l'innovation, là où des AUE sont présents dans les services, sera mise en évidence dans l'ouvrage « Innover dans les DRE et les DDE » que prépare l'association des AUE.

Dans cette mesure, les AUE méritent d'être écoutés, mobilisés, reconnus et renforcés.

Plusieurs conditions sont à réunir pour encore mieux les mettre à contribution. Plusieurs propositions en résultent.

Elles touchent à la diversification du corps et à son renforcement :

  • Diversifier le corps et en accroître son nombre en fonction des compétences à rechercher et des nécessités des services, en négociant une modification statutaire pour rendre possible des recrutements exceptionnels sur titre sans porter atteinte à l'identité dominante d'architecte et d'urbaniste.

Elles concernent la diversité de parcours et de nouvelles possibilités d'attirer d'autres compétences dans les services :

  • Favoriser les échanges entre fonctions publiques territoriale et d'Etat en examinant et en négociant avec le CNFPT, les modalités et les possibilités de détachement (contrat de 3 ans notamment) et les équivalences avec les grades d' ingénieurs territoriaux principaux et en chef.

  • Favoriser les échanges entre les deux parties du corps en permettant aux AUE exerçant dans les services du ministère de la culture, d'avoir accès aux formations internes du ministère, de type « cycle supérieur de management» (rénové), et aux séminaires interministériels de haut niveau pour leur donner de meilleures chances d'emploi au sein du ministère.

Elles concernent la question de formation en sortant la formation post-concours de son isolement et en négociant avec le CNFPT des modules de formation commune avec les ingénieurs territoriaux des collectivités, selon les recommandations du rapport du groupe de travail sur la formation post-concours des Architectes et Urbanistes de l’Etat.

Enfin, pour assurer une meilleure cohérence vis-à-vis des corps d'ingénieurs du ministère, il est important de poursuivre au cours des années à venir le rattrapage des différences de rémunération (des primes de rendement) et de prévenir les écarts de rémunération entre les deux parties du corps de gestion respectivement Culture et Equipement qui ont commencé à apparaître et qui sont préjudiciables à la cohérence interministérielle interne de ce corps et à son attractivité.

L'association des AUE désire prendre une part active aux réflexions sur l'avenir du ministère et souhaite que ces propositions puissent être débattues et négociées au sein du ministère et en interministériel.



 

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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 09:19

 

Le débat autour de la proposition au ministre

Le projet de propositions pour le ministre a suscité parmi nous un débat intense qui ne demandait qu'à se cristalliser. Il a bien commencé, il n'est pas fini dans la mesure où il sera porté par le mouvement de mutations qui semble s'accélérer. Autant que la note, la réaction immédiate et polémique de Faye a contribué à l'animer.

En tous cas, ce débat va au delà de la note pour le ministre qui cherche à attirer l'attention du nouveau ministre et de son cabinet sur les AUE en montrant que :

  • Les AUE prennent une part active et innovante aux "nouveaux rôles" de l'Etat pour le développement et l'aménagement des territoires et à la modernisation de l'Etat. on a ciblé les services déconcentrés. On aurait pu élargir mais l'option prise set cohérente avec les travux en cours de l'association : "Innover dans les DRE et les DDE".
  • La nécessité d'un pilotage accompagné d'une politiques de ressources et de moyens intelligente et ouverte qui progressivement prenne des distances avec la logique des corps. On aurait aller plus loin, être plus explicite et voir à plus long terme des ruptures organisationnelles et autres,  avec le risque d'alourdir le propos et de passer pour des donneurs de leçon.
  • L'aspect "revendicatif" de la note a suscité des réactions contradictoires, trop, pas assez... Il a été estompé dans la deuxième version sans être supprimé.

Certains ont mis le doigt sur le domaine de l'habitat insuffisamment évoqué. Il est constitutif du développement et de l'aménagement durables des territoires. Le logement est cité dans l'énumèration, sans plus. La note s'adresse au MEDAT qui nous "gère" et non à la ministre du logement et de la politique de la ville. Faiblesse de la dimension interministérielle : il a paru plus important de souligner une vision transversale de l'aménagement et de ne pas alourdir avec un interministériel qui peut aparaître conmme très statutaire.

Enfin plusieurs d'entre vous suggèrent d'autres positionnements  pas nécessiarement en contradiction avec la position de la note 2. Ces points de vue seront utiles pour construire une vision plus collective et partagée de l'avenir des missions et des organisations de l'Etat..., et du notre. Ce sera la tâche importante qui nous attend. Comment et avec qui progresser dans ce sens?

Le débat s'est fait par échanges d'e-mails et non via le blog. Je fais une restitution partielle des principaux avis énoncés depuis le 11 mai. en les mettant par ordre chronologique, morceaux choisis donc en m'excusant du caractère aléatoire des choix.

Claude Spohr

Jacque Faye 11 mai

"Camarade, c'est M. Nicolas Sarkozi qui a été élu président et je ne suis pas sûr que les problèmes d'écart de rémunération entre nous, de comparaison avec les ingénieurs, de lien avec le CNFPT ou de post-formation ... vont beaucoup brancher le futur ministre.

Tout dépend aussi de la recomposition des ministères.

Cependant, il peut lui ( ou leurs) être rappeler un certain nombre d'objectifs notamment développement durable, mémoire, identité nationale, logement, ville qui nécessitent des fonctionnaires aptes à les appréhender avec leur diversité et complémentarité.

Les AUE de part leur origine commune : architecte et leur recul sur ces pratiques, peuvent être des alliés non négligeables à une politique de développement durable et de cohésion sociale et territoriale car non englués dans des logiques de corps et de conservatisme. Ils méritent alors d'être écoutés, mobilisés, reconnus et peut être mieux payés..."

Ludovic DEVERNAY 11 mai

"Au risque de choquer certains, je ne suis pas convaincu sur le principe de systématiquement revendiquer une augmentation de rémunération.

Notre statut actuel nous permet largement de vivre dignement, de manger à notre faim, d'avoir un logement décent et d'offrir une vie sereine à nos enfants...

Par contre je suis plus intéressé pour que nous soyons plus nombreux car nous sommes attendus et pour que nous puissions être mieux écoutés et suivis.

A rémunération égale, je préférerai pouvoir disposer de plus de moyens en terme de personnel compétent et de moyens financiers pour mener nos actions prioritaires. Cela me semble aussi plus compatible avec le développement durable... A méditer mais merci de respecter mon opinion personnelle."

Philippe Dress 14 mai

"Oui, notre statut actuel nous permet de vivre dignement (et c'est bien le moins !) ; oui, il est important que nous soyons plus nombreux ; oui, des moyens adaptés à nos missions sont essentiels.

Mais, la rémunération va avec les responsabilités et l'expertise. Les comparaisons avec la rémunération des agents excerçant des missions similaires font toutes ressortir une sous-rémunération des AUE. Donc au risque de choquer, je suis pour une augmentation de notre rémunération, et je ne souhaite pas que cet élément soit retiré de notre demande (pas d'auto-censure préalable - et même à la fondation Abbé Pierre, il existe des salariés et pas forcément mal rémunérés...).

Cependant l'essentiel reste à mes yeux le nombre et le postionnement des architectes et urbanistes dans l'administration publique, au service de l'intérêt général. C'est pourquoi, je suis très attaché aux propositions 3 à 6 inclus. Je rajouterai même qu'au-delà notre expertise spécifique, la question du "management publique" doit aussi être un de nos points forts, au service des politiques publiques."

 France Poulain 14 mai

"Je suis tout à fait d'accord avec Philippe car il faut quand même noter une certaine différence de traitement entre les cadres A+ technique et administratif alors que les fonctions de management et l'évolution des missions du ministère nous conduisent à travailler de plus en plus. Donc, oui, je sais que les architectes trouvent souvent complexes de parler d'argent mais nous travaillons suffisament pour que notre rémunération soit augmentée.

 

 Fabienne Roquier Chavanes 14 mai

"Mais de savoir définir précisément ce sur quoi nous sommes attendus au regard de nos spécificités, (mais je ne parlerai pas trop de nos spécificités mais plutôt de ce que nous apportons clairement au regard d'autres formations) et surtout de l'évolution des missions des services dont les déconcentrés et ceux de la Culture, si on le joue corps interministériel pour être en mesure de demander + d'AUE.

Je suis attachée à la pluridisciplinarité inter corps au sein d'un service. Et c'est aussi au regard de cela que l'on peut se mesurer. Mettre des AUE partout n'a pas de sens pour moi. (désolée!)

J'attache aussi beaucoup d'importance à la réponse de Philippe Dress qui énonce la question du management des politiques publiques."

Christian Gouyon 14 mai

"Je trouve ta note intéressante, à ceci près que je n'aurais pas placé la question des rémunérations au premier plan.

J'y serai peut-être venu après une description des compétences dont doivent se prévaloir les AUE et qui sont utiles à la collectivité :

la culture de l'opérationnel et la conduite de projets émergents, apport une forte valeur ajoutée dans le débat local pour que les services de l'État en l'occurrence) soient en position d'exercer une capacité d'influence effective, avec un point d'application particulier qui est celui de la maîtrise d'ouvrage urbaine.

J'adhère à l'idée de favoriser des parcours professionnels croisés d'une fonction publique à l'autre et au sein de chacune d'elle, et cela doit être une priorité, mais il faut dire pourquoi.

La réponse est me semble t-il, de bénéficier de compétences les plus adaptées possible aux différentes facettes des jeux d'acteurs des projets urbains dont la complexité est la qualification principale en maximisant l'appropriation par chacun d'une diversité des pratiques...

Par ailleurs je crois que si l'ouverture aux collectivités doit être un axe de travail il faut que la formation des AUE soit porteuse et significative d'un label d'excellence, attractif pour les collectivités territoriales et pour les publics européens. Dans ta note l'Europe est peu présente.

Du coup la question des rémunérations doit être posée, c'est une condition de recrutement et de valorisation de notre métier."

Lucille Leblanc 14 mai

"Que va faire un nouveau ministre quand il va recevoir X lettres émanant de chaque corps qui veut défendre ses interêts (surtout quand son président a annoncé son intention de tailler dans le gras de la fontion publique) ? Car c'est bien ça que je ressens à la lecture dans cette lettre : c'est une lettre de défense du corps des AUE . Bien qu'on nous annonce dans un premier paragraphe très généreux toute l'importance des multiples missions des AUE, la chute est rude, on passe directement aux "affaires internes", c'est à dire la défense du corps : salaire / écarts ABF/AUE / accroissement du corps ... je sais que ces revendications sont necessaires, mais je ne suis pas sure que ce soit des "propositions pour un ministre."

Tristan Guilloux 16 mai

"Quelques remarques sur la contribution de Jacques Faye. La richesse du corps des AUE vient peut être davantage de la diversité des origines (tous ne sont pas architectes, si... si..., y'en a même qui sont ingénieurs... je ne les dénoncerait pas) Et qd bien même la majorité a un diplome d'architecte, nous savons que cela recouvre des pratiques très différentes et le fait qu'on ne "saisisse pas" le candidat AUE à la presque sortie du bac ( à la différence des ITPE et des IPC, voir des AA) renforce également les expériences et les parcours variés.

Prenons garde tout de même à se positionner trop en opposition "à ces corps englués dans des logiques de corps et de conservatisme"...est-on certain que la pensée unique ne nous guette pas parfois? l'étalement urbain, on dit quoi?

Sinon je suis d'accord sur le fait que jouer la pluralité des voix au sein d'une administration est un bon positionnement stratégique."

Jean Julian 16 mai

"Deux choses qui font la valeur particulière de notre corps dans ce ministère selon moi (peut-être même avant notre formation d'architecte-urbaniste-généraliste-professionel de l'aménagement-et de la perception de l'espace-et néanmoins excellents manageurs):

- c'est la diversité des regards que peut porter le même corps des AUE sur la mise en oeuvre des missions de l'Etat, et qui, de ce fait, peut nourrir au sein même de ce corps, des dialogues, des échanges, des positionnements différents et constructifs pour notre ministère. Cela me semble s'opposer et être plus riche que la simple logique de défense corporatiste (qu'il faut qu'on est également, of course) dans laquelle se situe majoritairement les autres corps.

- Cette diversité est bâtie sur des origines de formations qui peuvent être variées (des ITPE, par ex....bon iln'y en a pas pléthore pour autant, je sais), mais aussi parce qu'elle est inhérente aux architectes qui possèdent le même "titre" mais qui portent en eux-mêmes de grandes différences. Les archi développent rarement le même point de vue sur une même chose, habitués qu'ils sont à savoir que pour un même cahier des charges il y a une variété de projets et de chemins différents. Et là sans doute le passage par des pratiques privées avant l'entrée chez les AUE, assied et renforce la variété des expériences.

Dans le privé c'est ce qui rend délicat, sans doute, tout rassemblement massif de la profession derrière des enjeux à défendre, mais dans le "public étatique" nous avons moins cette difficulté puisque nous sommes déjà rassemblés dans ce corps unique des AUE. Pour autant il ne faut pas oublier notre diversité dans ce qu'elle a de riche, et l'oublier lorsqu'il faut montrer de l'unité pour porter revendications."

 

Michel Louna 21 mai

"Bien sûr, moi aussi je partage, ... Mais n'est-ce pas déjà une approche "d'arrière garde" ? Qu'en est-il de la persistance des corps, de leur nombre, de leurs gestions individualisées, ??? Resterons-nous unis par ce lien commun ? comment conserver un "noyau commun de cultures et de préoccupations dans l'hypothèse de la réunions des corps par niveaux ??? "simplification" administrative et réduction des effectifs obligera ... me semble-t-il !

François Martin & Fabien Sénéchal  21 mai

"Pour contribuer à cette réflexion collective, et sans remettre en question les échanges derniers dont nous partageons également les attendus, nous nous demandons s'il ne reviendrait pas à notre "corps" de mettre l'accent sur la fonction d'urbaniste en général au sein du Ministère.
 
En effet, notre nouveau ministre a indiqué que son ministère serait organisé autour de quatre "pôles opérationnels" :
 
- les transports et les déplacements,
- un pôle "habitat, aménagement urbain et aménagement du territoire", comprenant l'écoconstruction,
- un pôle "politiques énergétiques",
- un pôle "gestion des espaces naturels".
 
Il a souligné la dimension internationale très importante de son ministère, et il est par ailleurs le premier des Ministres auprès du Premier Ministre, ce qui renforce encore l'accent qui est mis sur ses missions.
 
L'on ne peut, sur ces principes, que partager les orientations et l'ambition des objectifs.
 
Force est de constater cependant que dans ses effectifs, nos Ministère ne disposent que très peu d'agents diplômés ayant des compétences théoriques et/ou opérationnelles relatives à ces domaines. Le corps des AUE, qui rassemble en son sein, pour toutes les raisons qui ont déjà été évoquées, des compétences et des sensibilités tout à fait en phase avec ses quatre "pôles" est d'une part trop peu doté (je parle de personnel : il y a moins d'un AUE par Département) et d'autre part positionné au second niveau d'encadrement, soit en position de pilotage et de management, et non en position directe de production (normalement).
 
En conséquence, l'analyse des projets de territoires portés par les élus, la production des avis du Préfet sur les Scot ou les PLU, le portage des politiques de l'habitat... sont le fruit du travail des équipes où les architectes et les urbanistes sont dramatiquement absents (dans le Finistère, seul deux agents de catégorie A disposent d'un diplôme ou d'une qualification d'urbaniste, et les agents de catégories B ou C sont souvent un peu dépassés par la complexité croissante des sujets).
 
nous sentons, et nous ne pensons pas être les seuls, que ce sujet pose question au sein du Ministère, puisque l'aborder reviendrait à prendre le risque de constater que les compétences techniques du ministère en matière d'urbanisme, d'habitat, d'environnement ne sont plus au niveau des enjeux d'aujourd'hui.
C'est néanmoins un constat que beaucoup d'entre nous sont en position de faire, et sans doute un apport important de notre "corps" pourrait être d'alerter le Ministre sur cette situation.
En effet, il sera sans aucun doute difficile de décliner une quelconque politique très fortement axée sur l'aménagement "durable" des territoires sans conforter au préalable notre profession (au sens large) au sein du nouveau "MEDAT(1)" en procédant aux ajustements nécessaires pour y attirer des professionnels compétents et motivés (moyens et conditions de travail, rémunération, etc) et les y maintenir dans un contexte où l'attractivité des autres formes d'exercice va croissante (secteur privé, collectivités, etc...)
 
Vincent Braquet 21 mai

"Je partage tout à fait cette analyse. La question des compétences en urbanisme des équipes des services déconcentrés est centrale aujord'hui.

La reflexion sur l'apport des AUE ne peut être déconnectée de la question du ou des métiers de l'urbanisme et de l'aménagement... ...en prenant garde à ne pas se fermer la dimension manageriale et les carrières qui y sont attachées."

Olivier Mourareau 22 mai

Il convient également de faire valoir pour les AUE la dimension  vivier et réseau d'experts de haut niveau suceptible d'être également mobilisé à l'international pour des missions ponctuelles ou de moyennes et longues durées. Les AUE doivent également être en mesure de pouvoir contribuer aux débats internationaux sur la ville (les enjeux de l'urbanisation à l'échelle mondiale sont considérables et l'expertise française, d'où qu'elle provienne - expertise publique, BE et consultants privés, associations professionnelles, etc. - singulièrement sous-représentée ; j'ai pu effectivement prendre la pleine mesure de cette absence depuis un peu plus d'un an maintenant que je suis en poste au MAE). J'ai le sentiment que notre nouveau ministre est assez sensible à la dimension "internationale", de manière générale. Il y a des savoirs-faire, une vision et des compétences portés de plus par la notion d'intéret général qu'il conviendrait de partager au delà des frontières nationales."

Jacques Banderier 22 mai

"1 - Plutôt que d'insister de nouveau sur la répartition entre les AUE Equipement et les AUE culture, il me semblerait plus habile de présenter le corps des AUE comme un corps d'ors et déjà interministériel, dépendant du Ministère de la Fonction Publique et oeuvrant au sein du ministère de la culture, de l'équipement mais aussi de l'environnement comme en témoigne le parcours de certains de nos collègues. Je pense que ce positionnement de fait peut utilement faire écho à la création d'un grand ministère de l'aménagement et du développement durable et renvoie de toute façon au positionnement d'un autre corps prestigieux à savoir celui des Enarques pour ne pas le nommer.

2 - Si les questions statutaires et de rémunération sont légitimes, je persiste à penser que le préalable reste la question du positionnement du corps des AUE dans le fonctionnement des ministères dans lesquels ils travaillent, ce qui revoit implicitement à un positionnement hiérarchique et à des prises de responsabilité de plus plus grandes pour peu que l'accès à ces postes soit rendu plus aisé. Autrement dit on peut à mon sens exprimer certaines exigences salariales ou statutaires à condition de montrer à quelle stratégie de positionnement elles peuvent correspondre. Il convient d'ailleurs de rappeler que la réforme des rémunérations en cours devrait se traduire notamment par davantage de concordance des régimes de prime avec l'importance des responsabilités tenues.

3 - Concernant les évolutions que vont connaître les services déconcentrés, je pense que l'on ne peut pas éluder la question de la création probable à terme au plan départemental de services techniques uniques de l'État, la première étape de ce processus étant l'expérimentation des fusions DDE - DDAF. Même si l'agriculture reste aujourd'hui un Ministère en tant que tel, il y a peu de chance pour que le processus de fusion enclenché soit arrêté. La question pour les AUE est donc aussi de savoir en quoi leur formation d'origine et leurs parcours professionnels peuvent contribuer à favoriser ce processus. Nul doute que la question de l'aménagement des territoires et de leur entretien auquel renvoie le deuxième pilier de la politique agricole commune peut être une forme d'entrée en matière." 

Fabienne Roquier Chavanes 22 mai

"Je voulais surtout ajouter qu'il ne faut pas oublier qu'il y a un ministère du logement et de la ville.

Le "développement durable" concerne également les équilibres sociaux qui passent par les politiques de l'Habitat, à toutes les échelles. Les DDE et DRE ont des missions fortes sur ces sujets et doivent, à mon sens les conserver. Les AUE ne peuvent pas non plus s'en écarter, lorsqu'ils abordent les champs de l'aménagement et du développement durables.

Il y a l'ANRU, soit. Mais la mise en œuvre des projets, leurs articulations avec les bassins d'habitat, les PLH, les PLU, les modes opérationnels de traitement de l'habitat privé, etc restent, et sont, je l'espère, des préoccupations de l'Etat local et des services déconcentrés.

Surtout que je crois savoir que l'habitat privé concentre autant de difficultés voir + que dans le social... quelle pourra être une politique de l'Etat dans ce domaine?"

Rémy Sibertin-Blanc 22 mai

"Il y a aussi des AUE qui travaillent sur l'habitat et même sur le logement indigne (sic)
Cela contribue aussi, quelquefois par le menu, un logement insalubre par ici, une mini RHI par là...au développement (social) et à l'aménagement durable des territoires
D'ailleurs, il y a un ministre du logement (et de la ville), il y a aussi un haut commissaire aux solidarités actives et à la lutte contre la pauvreté..."

Thierry Hubert 22 mai

"... pour le futur ministre il faut surtout insister sur l'avantage  d'avoir avec les AUE des spécialistes du territoire, de l'urbanisme, de l'aménagement, de la construction, de l'habitat et du développement durable en général. A ce titre, il faudrait une véritable gestion des compétences et des  missions.

Et en plus, les AUE travaillent dur, bien et pour pas cher. Une revalorisation est donc envisageable."

Alain Wauters 23 mai

"Attention de ne pas trop négliger l'habitat, la politique de renouvellement urbain, une large partie du champ de l'environnement, associés à la question de l'accessibilité et des déplacements."

Sylvain HOUPIN 23 mai

"Parmi les conséquences de la recomposition ministérielle qui se dessine, il y a au-delà de nouvelles approches plus transversales des questions environnementales et économiques que nous pouvons espérer concernant notamment le développement urbain et l'aménagement des territoires , il me semble qu'il est surtout question de la place et du rôle des grands corps de l'Etat dans la perspective d'une réforme de l'Etat, qui semblerait cette fois çi vouloir s'engager un peu plus en profondeur.

Au cours de la campagne, il a été question de fusion, voire de suppression de ces grands corps (dont nous sommes, mais avec un poids tout relatif) Un rapport de force semble être engagé, et de grandes manouvres semblent se préparer, mais pourront nous réellement peser dans la grande bataille entre les Ponts, les Mines et d'autres?

 La nature de nos revendications, exprimées de longue date concernant nos rémunérations, notre formation et autres, ne doivent-elle pas dans ce nouveau contexte, nous amener à pousser un peu plus loin notre réflexion ?

 Ne s'agit-il pas de changer de point de vue et de montrer notre capacité à être force de proposition au sein de notre ministère, mais surtout au-delà de notre propre corps d'origine?

 Un certain nombre de thèmes clefs pourraient structurer une réflexion collective. A titre d'exemple et de façon non exhaustive on pourrait se proposer d'aborder :

- le recrutement ( quels profils ? Quelles formations d'origines ?)

- le statut des agents de la fonction public d'Etat (missions et carrières, passerelles avec la fonction publique territoriale, rôle des corps, modalités de dialogue sociale.)

- la gestion des compétences et des parcours professionnels, (diversité des métiers, formation continue, passerelles avec la fonction publique territoriale, le secteur privé, à l'internationale.)

- la reconnaissance de la qualité du service rendu service (modalités de rémunération, de promotion.)

 Notre situation, nos atouts mais aussi nos faiblesses, sont riches d'enseignements sur chacun de ces thèmes, et j'ai le sentiment qu'il serait plus valorisant (et donc plus utile) pour nous tous de porter des propositions innovantes et ambitieuses dans le contexte le changement engagé, que de chercher à faire valoir aujourd'hui des attentes toutefois parfaitement légitimes.

 Apportons notre contribution à l'édifice en construction, faisons la démonstration de note valeur ajoutée, le temps des revendications viendra plus tard.

 Marc Sauvez 23 mai

"Enfin, quelque chose de clair et juste (la contribution de S Houpin), il y a dans l'air de la réforme de l'Etat et du cassage des limites de corps comme devant être la limite des ministères, la force des uE est d'être non fermée dans un ministère, il faut jouer sur le contenu et en profiter pour remettre en cause ces corps qui ont privilégié le technique et le réglementaire pour garder leur pouvoir étroit "

 

 

 

 

 

Par Claude Spohr - Publié dans : leblogdesaue
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 08:58

Propositions pour le futur ministre.

Le comité de l'association des AUE a rédigé une page à l'intention de futur ministre chargé de l'Equipement.

Claude Spohr

 


Association des Architectes et Urbanistes de l'Etat                                              27 avril 2007


Architectes et Urbanistes de l'Etat : des compétences au service du développement et de l'aménagement durables des territoires

Propositions pour le futur ministre.



 

Les AUE sont fortement impliqués dans les DDE et les DRE, dans les services déconcentrés de l'Etat plus généralement. L'activité de ces services est de plus en plus dédiée au développement et à l'aménagement durables des territoires. Cette orientation de fond constitue leur avenir. Elle est décrite dans l'instruction cadre relative aux DDE en date du 28 mars 2007. Elle inclut tant le développement économique, la question du logement et de la cohésion sociale, les transports, les risques et la sécurité, la construction et certaines formes de lutte contre le réchauffement climatique. Elle implique de développer, pour l'encadrement des services, à la fois des capacités de généraliste des territoires, de spécialistes de domaines incluant l'émergence de nombreux sujets nouveaux et des métiers de conduite de projets complexes.


Les AUE constituent, dans cette perspective, une force d'innovation aux interfaces de plus en plus nombreuses, complexes et fluctuantes, des territoires et des domaines de compétences (logement, aménagement/urbanisme, risques, déplacements/transports, construction...). Cette capacité à contribuer à la conduite du changement parr l'innovation, là où des AUE sont présents dans les services, est mise en évidence dans l'ouvrage « Innover dans les DRE et les DDE » que prépare l'association des AUE.


Pour assurer des contributions durables de la part des AUE, plusieurs conditions sont à réunir. Elles touchent la cohérence du corps des AUE, sa diversification, sa souplesse d'adaptation, les questions de formation. Elles donnent lieu à une série de propositions à débattre et à négocier au sein du ministère et en interministériel.


1° La cohérence vis-à-vis des corps d'ingénieurs du ministère : poursuivre au cours des années à venir le rattrapage des différences de rémunération (des primes de rendement).


2° La cohérence interministérielle interne vis-à-vis des AUE/ABF : prévenir les écarts de rémunération (des primes de rendement) entre les deux parties du corps de gestion, Culture et Equipement, sans gêner le mouvement de rattrapage évoqué ci-dessus.


3° Diversifier le corps et en accroître son nombre en fonction des nécessités des services, en négociant une modification statutaire pour rendre possible des recrutements exceptionnels sur titre sans porter atteinte à l'identité dominante d'architecte et d'urbaniste.


4° Favoriser les échanges entre fonctions publiques territoriale et d'Etat en examinant et en négociant avec le CNFPT, les modalités et les possibilités de détachement (contrat de 3 ans notamment) et les équivalences avec les grades d' ingénieurs territoriaux principaux et en chef.


5° Favoriser les échanges entre les deux parties du corps en permettant aux AUE/ABF d'avoir accès aux formations internes du ministère des Transports et de l'Equipement, de type « cycle supérieur de management» (rénové), et aux séminaires interministériels de haut niveau.


6° Sortir la formation post-concours de son isolement, en négociant avec le CNFPT des modules de formation commune avec les ingénieurs territoriaux des collectivités, selon les recommandations du rapport du groupe de travail sur la formation post-concours des Architectes et Urbanistes de l’Etat.


Il est proposé de soumettre ces propositions au prochain ministre chargé de l'Equipement, en vue d'examiner les moyens pour les prendre en compte dans des chantiers de réflexion et de négociation du ou des ministères qui seront en charge de la gestion du corps des AUE.

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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 16:55

En avant-première, quelques mots de Claude Spohr, président de l'association des architectes et urbanistes de l'Etat.

 

Les blogs sont à la mode. Il s'agit d'un outil individuel  sinon personnalisé. Pourquoi alors un blog des AUE?. 

Pour faire connaître les AUE et non pas l'association. L'objectif est un site appropriable  par chaque AUE, par celles ou ceux qui veulent bien y consacrer un peu de temps et qui ont envie de : 

         s'exprimer et de susciter du débat, 

         donner leur point de vue ou leur vision sur le « monde et ses évolutions », l'urbanisme, les urbanistes, les territoires , les politiques publiques, l'Etat...., 

         mettre en ligne des infos utiles pour les autres, offres d'emploi, initiatives, expériences et cas intéressants, séminaires et colloques..., 

         montrer ce qu'on fait localement et ce qu'elle ou il fait. 

Un blog des AUE a le mérite d'offrir plus de visibilité individuelle et collective sur Google qu'un blog individuel, avec les mêmes avantages : c'est l'auteur de l'article qui est pris en compte par les bases des portails. Il est ouvert sur l'extérieur : tout le monde peut réagir sur les textes en ligne tout en conservant un cadre collectif, professionnel et convivial. L'initiative se donne comme un compromis malin entre un blog personnel et un site associatif.

Concrètement, envoyez vos articles, textes, photos, dessins à l'adresse  blog.aue@gmail.com

Plusieurs personnes ont le mot de passe, elles se chargeront de les mettre en ligne le plus vite possible. Tout le monde pourra directement réagir sur les articles et textes publiés (l'aspect forum).   Si vous inscrivez votre mail dans la case newsletter à droite, vous serez automatiquement prévenu si un article est publié.  L'initiative du blog des AUE est due à Laurence Daude. Elle a créé le site et  a commencé à l'expérimenter avec des collègues de Saint-Etienne. Anne Douvin et France Poulain ont également apporté leur contribution pour mettre le site en forme. La réussite de cette initiative serait un bon indicateur de la vitalité de notre milieu professionnel. 

Claude Spohr

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Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /Avr /2007 14:40

Ce texte est issu d'une conférence présentée par France Poulain, AUE, chef de service aménagement, urbanisme et environnement à la DDE60 lors de la journée nationale de lutte contre l'habitat indigne, Le Mans, Nov. 2006

Lutter contre l'habitat précaire, c'est également lutter contre les idées reçues qui s'y attachent. Et elles sont nombreuses lorsqu'il en est question dans les terrains de camping. En effet, en quoi le camping peut-il être précaire ? Quel peut être le lien entre le tourisme, activité coûteuse et superflue, et la précarité ? Il est possible de répondre à toutes ces interrogations en analysant la manière dont la société les appréhende, y répond ou justement parfois les ignore. Commençons tout d'abord avec ce qui guide notre action quotidienne : « Il faut [et/ou] on peut faire quelque chose ». Oui, et en premier lieu, il s'agit de dépasser l'assertion que « cela n'existe pas » puisqu'il s'agit de camping, premier mode d'hébergement en France pour les loisirs, qui n'inclut pas le séjour à l'année pour des personnes dont ce serait l'habitat principal. En second lieu, il est nécessaire d'en parler. L'invisibilité de ces dizaines de milliers de familles- créée, tolérée et pérennisée par la société toute entière – conduit à ce que ces faux campeurs n'apparaissent en terme statistiques et que les chiffres concernant le mal-logement soient minorés. Dès lors, ces personnes ont bien des difficultés à rejoindre le parc classique. Et ce ne sont pas les opérations de répression qui pourront les y aider réellement. Car si « c'est illégal [donc] il y a un coupable » est véridique si l'on considère que c'est la société toute entière qui en porte la responsabilité. Penser que ces personnes qui vivent dans des conditions précaires, en ne respectant certes pas les règles comprises dans le code de l'urbanisme, sont les seules responsables conduit à déresponsabiliser chacun d'entre nous de la part de tolérance qu'il génère par son comportement.

Car penser qu' « ils ont fait le choix du camping » fait partie des a priori consensuels portant sur la manière dont ces personnes sont arrivées dans un terrain de camping. Ils démontrent parfaitement que le phénomène est mal connu car des généralisations émergent alors que les catégories de résidants sont multiples. Ils existent des baroudeurs, proches des travellers britanniques, qui ne souhaitent pas habiter dans d'autres conditions, des retraités pour qui se pose la question de déterminer s'ils rentrent dans la catégorie des précaires et ce même s'ils habitent à l'année dans un camping, des jeunes étudiants, des familles avec enfants,... mais la généralité exposant que « ce sont tous des gens du voyage » est fausse. Dire alors que « c'est la conséquence de la crise du logement » ou que « C'est récent » correspond à une facilité puisque certains sont présents depuis plus de 25 ans, soit depuis l'entrée en crise de notre société contemporaine au début des années 1980. Alors si, certains ne restent que quelques mois pour avoir un boulot d'été en bord de mer, que d'autres demeurent seulement trois ou quatre mois le temps de trouver un logement dans le parc public mais plus souvent privé, ils sont de plus en plus à demeurer le temps d'un cycle résidentiel de location, soit environ 4 ans. Pour certains, « c'est une descente résidentielle » et pour d'autres c'est une remontée, comme pour tous ces anciens SDF venus de la rue qui trouvent dans la tente ou la caravane une extension de leur enveloppe corporelle qui leur a servi de toit pendant de nombreuses années. Pour ces derniers, l'habitat en camping est déjà une victoire, même si leur place, à terme, ne peut être dans un lieu dédié aux loisirs.

Si les catégories sont multiples, quelle résonance donner alors aux chiffres concernant la totalité? Certaines affirmations portent sur le nombre de personnes qui habitent à l'année dans les terrains de camping. Mais, comme cette pratique n'est pas autorisée, il n'existe pas non plus de case la recensant dans les statistiques officielles. Les estimations portent aujourd'hui sur un chiffre oscillant entre 70.000 et 120.000 personnes. Alors dire que « c'est un phénomène marginal dans l'habitat indigne » est exact mais il ne faut pas les oublier quand même. Quand à dire qu' « ils sont de plus en plus nombreux » serait en grande partie inexact. Les gérants n'ouvrent pas plus d'emplacements, car leur activité commerciale est liée au tourisme et ils ne peuvent changer l'image de leur camping sans prendre le risque de perdre leur clientèle de référence. Néanmoins, on assiste à un phénomène de « taquet » qui pousse les plus pauvres hors des terrains, remplacés par des familles disposant de plus de ressources. Et on les retrouvent alors sur parcelles privées dans une précarité et une invisibilité bien plus grandes encore.

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Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /Avr /2007 14:34

Ce texte a été écrit par Anne Douvin, Architecte et urbaniste de l'Etat, DIV, publié dans la revue Synesthésie, http://www.synesthesie.com/zoom.php?texteId=1501

Le système de production de l'urbain
Le foncier définit la propriété du sol et distingue les voies et places publiques des parcelles privées. On entend souvent le discours suivant pour garantir une mixité sociale et fonctionnelle aux nouvelles productions urbaines : « Disposons des rues, des parcelles et des bâtiments, ainsi nous nous donnerons la possibilité dans le temps de faire et défaire des bâtiments selon les besoins, et la ville s'adaptera d'elle-même. » Mais cet accord tacite autour de formes foncières « conventionnelles » ne serait-il pas repris par l'ensemble des acteurs pour éluder une question de fond, celle du système de production de l'urbain ?
Or, la qualité de la vie urbaine tient aux formes urbaines mais aussi au « contenu » de ces formes (habitants, fonctions, vie locale...). Et la manière dont ce contenu a été mis en place joue un rôle important. Peut-on penser qu'en reproduisant l'apparence de la ville traditionnelle, faite de constructions ponctuelles au fil du temps, le système de production « de masse » actuel, qui crée un nombre important de constructions sur un temps court, peut créer la même richesse urbaine?

Une longue histoire des formes urbaines et foncières
Les formes foncières ont connu plusieurs époques, des villes traditionnelles aux espaces péri-urbains actuels. C'est au travers de cette histoire que s'est construit le discours sur le foncier.
Ce raisonnement prend racine dans la ville traditionnelle, construite autour d'un schéma clair, disposant les parcelles privées autour d'espaces publics, de rues et de places. Ces parcelles étroites accueillent des constructions composées de locaux d'activités commerciales au rez-de-chaussée et de logements dans les étages. Chaque époque a remodelé le tissu urbain selon un processus long, sédimentaire1. L'époque haussmannienne a ainsi redessiné les axes majeurs tout en conservant le principe des rues et des parcelles. Dans l'ensemble, les centres urbains correspondent à ce schéma et font aujourd'hui figure de référence.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand les grands ensembles ont investi les espaces ruraux, sont apparues avec eux les dalles, les allées piétonnières, la séparation des flux automobiles et pédestres. L'enjeu était alors de limiter le sol nécessaire aux constructions pour privilégier les espaces verts et piétonniers, de repousser l'automobile en périphérie et de disposer des logements dans des parcs.
Pour répondre à l'urgence des besoins avec des moyens limités, le système de production de masse, privilégiant souvent les contraintes des « chemins de grues2 » à la qualité urbaine, a fait l'objet de vives critiques. L'implantation des bâtiments, tours et barres, ne correspondait plus aux formes de ces grandes parcelles. Si bien que ces ensembles d'habitation ont généralement trouvé leur place en périphérie des centres urbains.
Très novateurs pour l'époque, ces ensembles ont permis la construction massive de logements confortables en réponse à une crise aiguë. Ils ont, pour partie, constitué par la suite des territoires de relégation et montré des dysfonctionnements nombreux. Parmi ceux-ci, les difficultés d'entretien et l'insécurité ont souligné la difficulté de gérer des espaces où propriétaires privés et publics se superposent.
Les projets de renouvellement urbain qui touchent aujourd'hui ces territoires3 visent à réorganiser la répartition des propriétés foncières. La notion de résidentialisation se retrouve dans tous les projets. Le principe est d'allouer aux logements sociaux des lieux extérieurs privatifs (jardins, stationnements, aires de jeux...) et d'attribuer aux collectivités publiques les espaces correspondant aux usages publics (voies, parcs, allées...). Or, si la résidentialisation correspond à un outil, elle ne peut constituer une solution en soi. En effet, sur certains sites et dans certaines conditions, elle peut permettre de rétablir une situation claire entre les espaces publics et les espaces privés. Appliquée de manière trop massive, elle peut aussi, dans un souci de banalisation, ôter à ces sites certaines de leurs qualités spécifiques, comme l'existence d'espaces verts importants. Étant donné leur rareté, ces parcs gagneraient plutôt à être valorisés.
Encore plus récents, les espaces péri-urbains formant des « nappes » de lotissements pavillonnaires produisent aujourd'hui une organisation nouvelle : les parcelles privées s'organisent autour de voies publiques en impasses. Au centre de chaque parcelle siège une habitation individuelle4. Dans un temps très court, chaque lotissement accueille des populations aux profils similaires. Les espaces publics créés, squares ou jardinets, ont des vocations très résidentielles.
Ces lotissements semblent offrir une situation claire et organisée de l'espace mais souffrent d'un manque de mixité des fonctions et des populations.
L'évolution de ces territoires constituera une question cruciale pour les urbanistes dans les années à venir. Et parmi les principales difficultés, le nombre important de parcelles et de propriétaires risque de rendre les évolutions difficiles.

Une rationalité formelle peut-elle garantir une cohérence urbaine ?
À la lecture de ces éléments, urbanistes, politiques et aménageurs déclarent vouloir s'entendre pour ne pas reproduire les « erreurs du passé ». La solution proposée devient alors de promouvoir des formes urbaines sur les principes de la ville traditionnelle, avec des petites parcelles composant des îlots.
Aujourd'hui, les opérations urbaines de grande ampleur sont nombreuses, sans doute pour favoriser les économies d'échelle. Des zones d'activités concertées investissent les friches de toutes natures. Les plans de masse se suivent et se ressemblent. Un discours commun émerge et évoque par exemple : « La création sur 6,6 hectares d'un urbanisme d'équilibre, dont l'objet prioritaire est la bonne intégration des fonctions au coeur de la cité », ou : « L'aménagement d'un nouveau quartier avec la recomposition du tissu urbain entre la ville et le quartier de la Berge5. » La création de rues et de parcelles à bâtir devient pour ces projets le symbole d'une évolution positive. Les nouvelles productions urbaines actuelles singent en ce sens la ville classique et proposent des bâtiments mitoyens dans des îlots divisés en parcelles. Déployées les unes à la suite des autres, les façades offrent toutes sortes de déclinaisons dans les fenêtres, les balcons, marquant la singularité de chaque bâtiment.
Mais, au-delà de l'aspect d'une ville composite et variée, la mise sur le marché d'ensembles immobiliers importants dans un temps très restreint constitue une vraie question. Lorsque de grands groupes bâtissent des opérations de plus de 500 logements dans des villes périphériques, ces logements sont commercialisés en moins de deux ans et concentrent un même profil de population : la population « coeur de cible » du programme6. Le système de production joue ainsi un rôle important dans la vie qu'il produit. De la même manière, les grands projets portés pas des partenariats publics-privés correspondent à un système de production de masse de l'urbain, et il est aisé de penser que la rentabilité économique à court terme prendra le pas sur la programmation urbaine et architecturale à long terme. Le profil des habitants semble répondre avant tout aux nécessités des groupes immobiliers et les collectivités ont des marges de manoeuvre de plus en plus restreintes pour faire valoir leurs objectifs.
Dans des grandes agglomérations, le dynamisme urbain reste suffisamment fort pour absorber l'ampleur de ces ensembles. L'habilité des architectes de renom facilite leur intégration dans l'environnement urbain. Dans des villes moyennes ou de banlieue, le brassage avec les quartiers adjacents devient moins évident.
Ainsi, le choix de l'échelle des interventions (opérations de 40 ou de 500 logements) comme le choix de la nature des intervenants (petits opérateurs ou grands groupes immobiliers) aura une incidence sur les nouveaux occupants et les nouvelles activités. Il pourrait être utile pour les collectivités, au-delà de la diversité des formes foncières et bâties, de rester vigilantes sur les mécanismes de production urbaine qui marqueront très certainement d'une manière durable la ville qu'ils produisent. Possèdent-elles cependant les moyens nécessaires dans leurs négociations avec les aménageurs ?
Anne Douvin est architecte-urbaniste et enseigne le projet urbain à l'université technologique de Compiègne.

Notes
1. Qui correspond à un processus qui se construit et se recompose sur un temps long.
2. Les immeubles étaient souvent alignés parallèlement pour faciliter le chemin des grues qui les construisaient.
3. Notamment au niveau des dossiers soutenus par l'Agence nationale de rénovation urbaine. Celle-ci, créée par la loi d'orientation et de programmation promulguée le 1er août 2003, doit assurer la mise en place d'un programme national de rénovation urbaine. Ce dernier prévoit une offre nouvelle de 250 000 logements locatifs sociaux, la réhabilitation de 400 000 logements locatifs sociaux, la démolition de 250 000 logements, ainsi que la création d'équipements publics et d'aménagements urbains pour la période 2004-2011.
4. Les lotissements en question reprennent les idéaux des cités-jardins, développées au début du siècle, sans en offrir la qualité bâtie, ni la richesse des équipements publics.
5. Propos relevés dans des discours d'aménageurs qui illustrent fréquemment les opérations urbaines.
6. Avec la configuration actuelle du marché immobilier, les « coeurs de cible » sont souvent une population de primo accédants, souscrivant à un fort endettement. Des mécanismes analogues ont produit des copropriétés dégradées comme on peut en connaître à Clichy ou à Montfermeil.

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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 16:36
Caroline Prospero, 34 ans, est depuis septembre 2005 chef du Service de l’Ingénierie Publique à la DDE de la Loire. Elle s'en engagée dans la constitution de ce nouveau service d'une soixantaine de personnes avec l'ambition d'orienter les pratiques de l'ingénierie publique vers une meilleure prise en compte de la qualité environnementale, paysagère et architecturale des opérations d'aménagement et de construction pilotées pour le compte des collectivités et des services de l'Etat.

Diplômée de l’école d’architecture de Lyon en 1998 puis du DESS « Aménagement et gestion de la ville » à l’Institut d’Urbanisme de Lyon en 1999, elle est salariée à la ville de Lyon (Service Développement Social Urbain) puis dans deux agences d’architecture lyonnaises entre 1999 et 2002. Elle réussit le concours des Architectes Urbanistes de l’Etat en 2002 et après une année de formation à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées entre 2002 et 2003 intègre son premier poste d’AUE à la DDE de la Loire de 2002 à 2005  comme chargée de mission développement durable auprès du directeur, Olivier Frérot.

Depuis septembre 2005 , chef du Service de l’Ingénierie Publique à la DDE de la Loire elle place l'activité de conduite d’opération au service de la qualité architecturale et environnementale.

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Le service de la DDE de la Loire dédié à l’ingénierie publique dont j'ai la responsabilité regroupe les compétences techniques et les moyens d’études au service des missions menées pour le compte de l’Etat et des collectivités locales. Parmi ces missions, la conduite d’opération pour la réhabilitation, la restructuration ou la construction de bâtiments et d’équipements publics place le Service de l’Ingénierie Publique en position de pouvoir influencer significativement la qualité architecturale et environnementale des constructions publiques. Les conductrices et conducteurs d’opération assistent en effet le maître d’ouvrage dès la définition de ses besoins (faisabilité et programmation). Ils interviennent donc suffisamment à l’amont des projets pour initier une réflexion sur la durabilité des réalisations, à travers notamment les questions d’efficience énergétique des bâtiments, de gestion à long terme, d’intégration dans l’environnement, d’accessibilité, de choix des matériaux et de qualité de leur mise en œuvre.

Ces chargés d'opération sont d'excellents professionnels connaissant parfaitement leur métier. Le développement d'une sensibilité plus forte en faveur de la qualité des projets de construction nécessite cependant un engagement et un accompagnement personnel de leurs encadrants. Ainsi, avec le responsable de la cellule des constructions publique, Edouard Brodhag, nous avons mis nos convictions personnelles au service des projets à travers une présence forte sur le terrain, au contact des maîtres d'ouvrage, une participation à la sélection des architectes en étroite collaboration avec l'architecte conseil de la DDE ainsi que l'organisation de formations et de compagnonnages pour renforcer les compétences professionnelles des conductrices et conducteurs d'opération. Les actions engagées reposent donc sur une volonté de convaincre et d'accompagner les maîtres d'ouvrage et les agents de la DDE par une participation effective à la mise en route et au suivi des projets. Par ailleurs, le département de la Loire présente une diversité et une qualité de paysages qui incite à ne pas vouloir s'installer dans la reproduction de "recettes" efficaces mais uniformisantes et de considérer que chaque nouveau projet doit bénéficier d'une attention particulière et de prescriptions en mesure de répondre aux spécificités de l'environnement dans lequel il s'insère autant qu'aux besoins de son commanditaire.

Les objectifs sont de parvenir à intégrer dans chaque nouveau programme une ou plusieurs cibles de Haute Qualité Environnementale et de sélectionner des équipes de maîtrise d’œuvre, en premier lieu des architectes ayant les savoir-faire, les compétences et la sensibilité les mieux adaptés aux enjeux spécifiques de chaque projet.

Les moyens mis en œuvre sont de constituer et de faire vivre un réseau métier au sein de la DDE et de tisser des liens avec des partenaires extérieurs, architectes et acteurs du développement durable. Il s’agit entre autres de veiller à la formation des chargés d’opération (accès aux formations externes, participation à des voyages d’études et organisation en interne de formations ciblées), d’utiliser la ressource des chargés de mission transversaux de la DDE sur les thématiques du développement durable et de qualité de la construction, d’encourager des rencontres régulières entre les chargés d’opération et l’architecte conseil, d’associer ce dernier aux projets dès leur démarrage, d’aller à la rencontre des architectes de talent du département et de découvrir leurs réalisations, d’établir des contacts et des collaborations avec des acteurs locaux agissant dans le domaine de la maîtrise de l’énergie…

Ces actions portent leurs fruits et les 10 chargés d’opération ne sont aujourd’hui plus à convaincre. Ils savent amener sur le terrain du développement durable des maîtres d’ouvrage qui sont de plus en plus sensibles à leurs arguments, notamment lorsque sont évoqués les coûts de gestion, la qualité d’usage et les économies d’énergie.

Caroline Prospero

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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 16:26
Le blog est destiné à la prise de parole des AUE et des professionnels du cadre de vie qui veulent faire connaître leurs actions professionnelles. Il se compose d'une série d'articles de tout rédacteur qui le souhaite, membre ou non de l'association des AUE, géré par l'un ou l'autre des ministères de tutelle équipement ou culture ou en détachement. C'est un lieu de croisement d'expériences et de débat. Les articles sont classés par rubriques : les acteurs et les actions, les territoires, les offres d'emploi, les débats, les travaux ... Tout lecteur du blog peut réagir par un commentaire qui est lisible par l'ensemble des visiteurs du blog. Pour faire paraître un article il faut l'envoyer  par mail à l'adresse suivante blog.aue@gmail.com
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